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PAYSAGE SERVICE 93
Revue de presse

LA CHRONIQUE DU JARDINIER

Le Compost Végétal, Un Allié des Jardins


Support de toutes nos cultures, la terre est un milieu vivant mais fragile. Le bon jardinier en prend le plus grand soin et la nourrit régulièrement. L'apport de Compost l'enrichira en humus, sels minéreaux, en bactéries, en lombrics... Le Compost constitué à partir de déchets de nos jardins contient tous ces éléments de base. Incorporé le plus souvent au moment du bêchage d'hiver, il peut servir de paillage en été pour empêcher les mauvaises herbes de germer et conserver l'humidité.
Pour fabriquer un bon Compost, il existe différentes sortes de silos mais il suffit d'entasser les déchets du jardin et les pelures de légumes. On peut y ajouter la cendre du bois de barbecue; les coquilles d'oeuf, marc de café, etc. Le tout doit rester humide et aéré en permanence. Les bactéries et les vers digèrent la matière organique. Lors de cette transformation, de la chaleur se dégage qui peut servir à chauffer un chassis pour vos semis précoces.
Contrairement au fumier qui contient des excréments d'animaux, le Compost végétal ne dégage pas d'odeurs agressives, tout au plus un parfum de sous-bois.

Claude Raux pour le "Magazine Seine-Saint-Denis"


Mr Raux, gérant de Paysage Service 93 a répondu à une interview pour le magazine gratuit "Seine-Saint-Denis", mensuel édité par le Conseil Général.


Claude Raux


La Seine-Saint-Denis est son jardin

Blanc-Mesnilois depuis 46 ans, gérant d’une entreprise de création et d’entretien d’espaces verts à Livry-Gargan, Claude Raux préside l’Association départementale du jardinage et du fleurissement en Seine-Saint-Denis. Cet ancien élève du lycée horticole de Montreuil prône le développement du jardinage.

Reste-t-il de la place pour le jardinage en Seine-Saint-Denis ?
Le département est urbanisé mais il a un passé horticole qui remonte à Louis XIV avec les murs à pêches de Bagnolet-Montreuil. Il y a aussi la plaine maraîchère de Stains-Saint-Denis. Il n’y a pas longtemps que le dernier maraîcher de Bobigny a disparu. Aujourd’hui, il reste une dizaine d’agriculteurs en Seine-Saint-Denis et quelques champs du côté de Tremblay…

Pourquoi les cultures ont-elles disparu ? Quelles sont les actions marquantes dans le département en matière d’environnement ?
Depuis 30 ans, la politique du Conseil général a accordé de plus en plus d’importance à l’environnement. Mais l’action des collectivités locales n’est pas encore assez visible aujourd’hui. Il y a beaucoup de petites choses, mais aussi le développement des grands parcs, la montée en puissance de la qualité de l’accueil, du fleurissement. Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de grandes actions, sauf quelques grands projets comme celui de la Haute-Ile. Nous manquons de surfaces disponibles.

Des efforts vous semblent encore nécessaires ?
En qualité d’accueil et aussi par de petites actions plus locales. Il faut s’intéresser aux petites choses, c’est une dimension importante de l’environnement. Par exemple, les espaces d’accueil des collèges et des lycées ne sont pas toujours entretenus correctement. Les habitants passent plus de temps dans les espaces verts de proximité que dans les grands espaces verts départementaux.

Pour vous, l’horticulture, c’est la qualité de la vie ?
L’horticulture, c’est la production et l’utilisation des produits. Avoir à proximité des produits frais, des poumons verts, c’est important.

Votre activité est-elle attirante pour les jeunes ?
Depuis dix ans, nous connaissons un regain d’intérêt. Mais le problème, c’est de conserver les jeunes. Nous avons les mêmes difficultés que les autres métiers manuels : nous portons des bottes et nous avons souvent les mains dans le cambouis. La grille des salaires est très basse, le jardinier est souvent considéré comme la dernière roue de la charrette. Les Français ne sont pas encore prêts à les payer correctement. Pourtant, nous travaillons sur de la matière vivante, comme des vétérinaires. Les plantes ne parlent pas, il faut énormément de connaissances. Un jardinier apprend toute sa vie. Dans notre travail, nous sommes amenés à toucher à tout : de la mécanique quand la tondeuse ne marche pas, de l’informatique, de la maçonnerie, de la menuiserie…

Que faire pour revaloriser votre milieu ?
Faire évoluer les mentalités sur le long terme. Il nous faut obtenir la reconnaissance de métiers aujourd’hui dévalorisés. Le problème, c’est que nous avons perdu une partie de notre culture horticole en Ile-de-France. Ce n’est pas seulement le sens de la terre qui nous manque, c’est aussi celui de la fête. Nous plantons des vignes pour la convivialité. Mais avec la désocialisation, on n’apprécie plus rien.

Le développement des jardins familiaux, c’est pour favoriser le retour à la terre ?
L’AD93 comprend une vingtaine d’associations locales qui gèrent quelque 3 500 jardins familiaux et comptent près de 6 500 adhérents. Les anciens, issus de milieux agricoles, ont toujours fait cela. Les quadras, c’est pour le retour aux sources. Les trentenaires aussi, mais en plus, il y a une démar-che écologique. Ils veulent manger leur salade. Cela concerne une élite culturelle.
Aujourd’hui, les surfaces de jardin ont tendance à augmenter, il y a eu des créations, au Blanc-Mesnil ou à Stains, par exemple. Les associations attribuent les jardins aux habitants de collectifs qui résident ou travaillent dans leur ville.

Vous vous sentez écologiste ?
L’écologie fait partie de ma vie, mais ce n’est pas ma culture politique. Je la pratique au jour le jour, comme citoyen et comme entrepreneur. Pour mes déchets verts, j’ai été l’un des premiers clients de la plate-forme de compostage de Mitry-Mory.
Nous faisons moins de traitements phytosanitaires, les coccinelles travaillent aussi pour nous. Parfois, nous utilisons des produits bio. Mais nous avons une contrainte économique : chercher le travail le moins cher. Ainsi, le désherbage coûte beaucoup plus cher à la main qu’avec des produits chimiques.

L’entrepreneur peut-il mettre en pratique ses idées ?
Nous essayons de faire passer un message, parfois nous y arrivons. Dans la conception d’un aménagement paysager, nous favorisons les plantations mélangées. La haie mélangée est plus esthétique ; la floraison et la fructification donnent des couleurs variées. Des insectes et des oiseaux sont attirés, cela recrée une chaîne écologique en ville. Et quand il y a un problème phytosanitaire, le mal ne s’étend pas. Il suffit de retirer une seule plante, c’est plus économique et moins traumatisant.
Pour les espaces verts, les gens commencent à accepter quelques pâquerettes ou quelques pissenlits dans une pelouse. Mais nous n’en sommes pas à laisser sur place les tontes de gazon.

Comment voyez-vous le rapport entre l’homme et la nature ?
A chacun sa démarche. Le jardinage est, par essence, une activité individuelle. Nous voyons venir des gens de tous horizons, du jeune au retraité. C’est lié au besoin de faire soi-même. C’est la richesse du mouvement.

Propos recueillis par Alain Martinsi
 
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